samedi 15 mars 2008
Des tas de brouillons morts-nés sur mon ordinateur. Des tas de textes sans intérêt, aux métaphores alambiquées, pompeuses, et qui sentent l'étudiante en filière littéraire à 1500 kilomètres à la ronde.
Comme disait une chanson que j'ai écoutée en boucle à la rentrée "les mots n'ont jamais pu soigner ce que j'ai au fond, ce que j'ai toujours eu". L'écriture c'est ma vie c'est mon échec. Rien de plus vrai.
Ce blog, c'est la preuve la plus flagrante que les mots ne peuvent rien -
Mes crises de colère n'ont jamais trouvé d'exutoire réel dans mes écrits. Le bouillonnement permanent est à peine perturbé si j'y plonge la pointe d'un stylo. Je suis morte dix foix, vingt fois, de colère. Plus souvent qu'à mon tour, j'ai écrit sous la fureur, croyant transformer la boue en or, et la rage en .. ? Jamais su quoi.
Ce blog, c'est la preuve la plus flagrante que les mots ne peuvent rien -
Les Solénites ne se sont jamais calmées à travers les mots, bien au contraire. Je les ai attisées, je les ai entretenues, je les ai nourries comme mes enfants, croyant bien faire. L'illusion de ressemblance n'a jamais existé qu'à travers les mots, les blogs. A chaque apparition de Solène sous mes doigts, j'assassinais un peu plus la réalité. C'est ces mots faussement romantiques qu'il aurait fallu crever pour arrêter la Solénite.
Ce blog, c'est la preuve la plus flagrante que les mots ne peuvent rien -
L'idée Robinson elle-même sait combien elle doit aux mots. Flinguer Céline. Ce ne sont définitivement pas les mots qui ont mis en pièce le spectre robinsonien.
Ce blog, c'est la preuve la plus flagrante que les mots ne peuvent rien -
Ce blog, c'est la preuve la plus flagrante que les mots ne peuvent rien seuls.
Ce blog, c'est la preuve la plus flagrante que les mots ne peuvent rien seuls. Easy as a kiss I found an answer.
Ce blog, c'est la preuve la plus flagrante que les mots ne peuvent rien seuls. Easy as a kiss I found an answer. Ma réponse.
Les personnes peuvent quelque chose, moi seule ne peux rien. Je ne crois pas en ma propre force, je ne fais qu'aspirer celle qui m'entoure comme un trou noir.
Quand j'étais petite, je regardais avidement le dessin animé des X-Men, et mon personnage préféré était Malicia. Malicia, c'est celle qui, rien que par contact physique, absorbe littéralement l'énergie des personnes. Je ne sais pas trop pourquoi elle était ma préférée à l'époque, mais retrospectivement, je trouve ça très amusant d'avoir jeté mon dévolu sur elle.
Un effleurement de peau - Sa peau. Un baiser - Son baiser.
Réponse facile.
Solène, Robinson et tous les autres : la nuit a une fin.
Fin.
lundi 3 décembre 2007
Paraît que sur un blog on peut parler de ce qu’on veut, et généralement on parle de soi, de ce qu’on a, de ce qu’on est est blabla. Je trouve ça génial comme concept. Moi, je n’en ai pas, de blog. Et Marine elle est en panne de blog, alors jme suis dit : elle, elle peut pas, moi je veux, et Nicolas, il a déjà , alors, je peux ?
Je peux. Je peux donc raconter ce que je veux, c’est géant ! Ca me grise, tu peux pas savoir. Alors…je vais te parler de Ma Marine. Oui, oui, j’en ai une. Même, le plus souvent, j’en suis fière. Des fois, j’ai honte d’en être fière.
Ma Marine, si tu la vois, tu peux pas la rater, et si tu ne la vois pas, tu l’entends et si tu ne la vois pas et que tu ne l’entends pas, ben c’est qu’elle n’est pas là .
Ma Marine a des pouvoirs. Si tu veux, je te dis. Tu veux pas ? Je te dis quand même. Ben oui, c’est ça, le blog.
Ma Marine, ben elle se dédouble. Ouais. Elle bouge tellement vite que ça te fait le truc dans ton œil, la persistance rétinienne que le prof de SVT il t’a expliqué en 1ère L. T’écoutais pas ? Bah c’est la persistance rétinienne. C’est quand quelque chose (là c’est ma Marine) bouge tellement vite que tu la vois ailleurs, mais ton œil la voit encore à l’endroit où elle était avant. C’est comme ça que tu peux voir six Marine d’affilée, qui font des mouvements bizarres (elle fait ça, aussi). Ca fait bizarre, moi je te le dis. Et on ne s’y habitue jamais.
Ma Marine, en fait, quand j’y réfléchis, elle est aussi une. Elle est entière, elle est elle-même et elle est bien arrêtée sur ce qu’elle dit et sur ce qu’elle pense.
Ma Marine, tu vois, avant de la rencontrer, ben t’aurais jamais cru qu’on pouvait parler autant. Même ta mamie quand elle te raconte sa visite chez le médecin et le voisin qui laisse crotter son chien devant chez elle, c’est de la gnognotte à côté. Tu ne peux même pas savoir si elle a une bouche parce qu’elle est jamais fermée. Avant de rencontrer ma Marine, j’aurais jamais cru que chaque chose comportait un tel potentiel de mot. Tu sais quoi ? Ben si, un jour, en revenant d’un endroit où tu avais crié ta colère et ta rage du gouvernement, les genoux fourbis et les pieds trempés, quelqu’un (Ma Marine) t’avait lu à HAUTE voix TOUT ce qui était écrit dans la rue, qu’est-ce que t’aurais fait ? T’aurais pété un câble, comme on dit. Elle a fait ça, si, si, tout, les panneaux, les enseignes, les plaques minéralogiques, les publicités, les graffitis, tout, je te dis. Souvenir douloureux.
Finalement, Ma Marine, elle parle pas beaucoup. Quand elle veut dire quelque chose qui s’approche de ce qu’elle ressent dans son cœur à elle, ça devient noir, obscur et toi tu dois te concentrer à mort pour essayer de comprendre le quart de la moitié de ce qu’elle (ne) veut (pas) dire. Des fois, je me dis, peut-être, même elle, elle sait pas ? Quand Ma Marine se tait, c’est le moment de l’écouter.
Ma Marine parle beaucoup, donc, mais elle a aussi une autre option extraordinaire : elle fait des sons. Oui. Des sons que jamais t’aurais imaginé qu’on puisse en produire autant aussi diversifiés. Elle crie aigu bref, elle grogne sourd, elle hurle soprano continu, elle murmure sporadique, elle geint émouvant, elle piaille fatiguant, elle ronchonne amusant, elle ronronne mignon, elle soupire agaçant jusqu’à ce que TU meures. Parce que tu en meurs, souvent. Le seul qui en meurt pas, c’est mon copain ( parce que j’ai aussi un copain) parce qu’il a découvert que quand tu la chatouilles à des endroits différents, ça fait autant de bruits différents. Ils s’amusent. Nous mourons.
Ma Marine fait le silence le plus bruyant du monde, dans des moments d’extase et de recueillement, et dans des moments de douleur très très grande, genre comme quand tu t’étais cassé la jambe l’hiver dernier. Le bruit de son silence, ben tu en meurs aussi, mais différemment.
Ma Marine, ben elle sait ce qu’elle veut, si toi tu veux pas la même chose qu’elle, ben c’est tant pis, elle te brame aux oreilles (jusqu’à ce que tu meures, si tu as suivi). Elle sait ce qu’elle veut et ce qu’elle veut pas, et elle préfèrerait mourir plutôt que de te laisser partir sans que tu aies parfaitement compris pourquoi elle le veut, et surtout, pourquoi elle a raison.
Ma Marine, elle ne sait pas ce qu’elle veut, elle veut tout, mais même pour elle, c’est pas possible, alors elle sait pas, elle hésite, elle réfléchit, elle décide, elle recule, elle questionne, elle conseille, elle retourne, elle se mord les lèvres, ouvre les deux mains et finit par prendre les deux options toutes entières.
Tu as de la chance, toi, misérable vermisseau, Ma Marine, elle aime tout le monde. Ton père, ton facteur, ta patronne, ton chien, ton bonnet rose et ton bouquet de fleurs, et toi même quand tu seras devenu handicapé et tout vert.
Ma Marine, en vrai, elle n’aime que moi. (Si t’es pas content, t’as pas qu’à lire ce blog, après tout on m’a dit, t’écris ce que tu veux).
Ma Marine, ben elle est jamais disponible. Elle va venir, hein, mais après le coiffeur, tu comprends ? Avant le coiffeur, faut juste qu’elle aille donner des cours, suivre son double master, aller quatre fois voir la même pièce de théâtre, manger quatorze mille chocolats, traverser l’Ile de France pour un concert, crier sur sa mère, aller à quelques fêtes, acheter quelques cadeaux, faire quelques blocages, voir soixante millions d’amis. Elle arrive, je te dis.
Ma Marine, c’est super facile de lui faire annuler des milliers de rendez-vous, quand tu la connais. Comme je suis sympa je te donne quelques trucs. Tu lui dis que tu as des chocolats/ du Nutella/ Marie-Aude Murail/ Tryo / des hamsters/que tu veux juste la voir. Tous ces trucs-là , ça marche.
Ma Marine, ben, ce qu’elle râle ! Si tu fumes, si tu votes à droite, si tu n’aimes pas la philo, dis des choses sur les gens qu’elle aime, dis que l’école c’est de la merde, que Maz est un con, que Louise Attaque, c’est pourri… allez j’en dis pas plus. Teste un de ceux-là , recule-toi dans un coin avec des pop-corn, et regarde. Mieux que le cinéma. Satisfait ou remboursé, j’en réponds.
Ma Marine, elle te fait comprendre le sens du mot « content ». Au début, toi pas comprendre cris aigus/mouvements de bras/danse de la pluie ou du chapeau. Après tu sais (mais tu regardes ailleurs d’un air embarrassé).
Quand même, c’est pas juste. C’est même de l’arnaque, je dirais. Parce que quand on m’a dit que je pourrais parler de moi, j’ai cru que je pourrais être égoïste. Alors que là , je te donne tous les tuyaux. Le fruit de plus de trois ans de réflexion, de prises de notes, d’interrogations, d’observations intenses, de plans caralambiqués. Bah tant pis.
Dis, tu devines la fin ? Ma Marine, je l’aime.
Merci à vous, lecteurs de m’avoir permis d’écrire ce long post bourré de parenthèses, de fautes de français et d’orthographe, de « quelque chose » et de « trucs ». Quel bonheur !
Merci à la propriétaire de ce blog, qui a, je l’espère, su désormais trouver un autre espace de parole. Ce blog enfin quasi-inactif est la plus belle preuve de ce qu’elle est en train de vivre. Merci Ma Marine. Tu es NonPareille.
vendredi 30 novembre 2007
Sur un quai de gare, sur un pont, dans un Mc Do, dans un lit, au milieu d’un parc il y a certaines choses qui sont tellement étranges, qui marquent, d’une marque profonde et pourtant suave, plein de nostalgie et de regrets…
Dans un monde parfait [doit-on vraiment mettre le conditionnel, si on voudrait désespérément y mettre un futur ?], il n’y aurait pas de moments comme cela, car on serait sublimé sans arrêt, sans penser à conclure, à vivre les choses sans réfléchir, avec à ses côtés de quoi tenir pour une éternité.
Dans un monde parfait, l’Océan du Désir serait infini, le Continent de la Passion l’entourerait avec frénésie [un océan infini entouré d’un continent ? Un monde parfait n’existe pas, vous le savez bien, ne nous soucions pas de réalisme !].
Dans un monde parfait, les pigeons ne balanceraient pas leurs ailes au visage des passants, les merdes de chien ne se glisseraient sous les pieds [même si sous le pied droit, ça peut aller…]
Dans un monde parfait, les blogs n’existeraient sans doute pas, puisqu’on se dirait les choses directement, sans hésiter, sans penser à utiliser une représentation de soit écrite et distante.
Mais à attendre ce monde parfait, on laisserait presque passer le monde réel qui vaut pourtant la peine qu’on la vive pour elle-même, quand bien même elle soit assez sombre.
« Les passionnés soulèvent le monde quand les sceptiques le laissent tomber »
Morale ?
Ce blog était en panne, à croire que son auteur est dans ce monde parfait. Je me suis permis de l’animer un peu de mon aigre humour… Et je ne me suis pas présenté, Nicolas, alias Coquette ou d’autres sobriquets étranges et mystérieux ! Un Jauressien, parmi d’autres… (ou pas… j’espère !) qui est en manque de son blog favori (ou tout du moins le plus tarabiscoté... si c'est français ?)
mardi 23 octobre 2007
C'est une histoire de cols roulés, de McDo, de pigeons, de quais de Seine. Une histoire qui se raconte à deux, parce que moi seule ne peux en rendre tout le sens.
En tout cas, cette histoire se finit bien. Si bien que j'ai dû courir en talons pour arriver à l'heure à mon baby-sitting.
Juillet, j'ai dit.
jeudi 18 octobre 2007
Il était une fois, au pays des merveilles. Je n'ai jamais pu me résoudre au pessimisme ou au cynisme, la signification même de ces mots m'échappe. Plus souvent qu'à mon tour, je peux jouer la torturée ou la fille paralysée sur place par ses peurs. La réalité, c'est que la glace fond chaque fois, grâce à la chaleur du sang qui circule dans mes veines. C'est une chaleur qui revient à chaque battement de coeur, qui me fait oublier l'état dans lequel j'étais à la seconde précédente. La seule chose dont je suis aussi certaine que mon nom, c'est que si la température peut parfois descendre à -10°, elle peut surtout monter à +50°. Je pourrais parler médiane ou moyenne pour m'expliquer. J'avais ainsi commencé à écrire une phrase bien scientifique et lisse. Seulement, la vérité de ce que je ressens actuellement se trouve à des années-lumière des statistiques. Ici, il faut laisser la place aux mots, aux sentiments, aux couleurs, aux sons. Il y a 2/3 jours, sur une chaîne de clips, j'ai découvert une chanson aux notes pleines de nostalgie. Elle est tombée à pic sur mon coeur. La musique m'a rappelée tant de choses pas ressenties depuis longtemps, l'envie d'appartenir à , l'envie de dérouler le tapis rouge de mes sentiments devant, je crois que cela s'appelle aimer. Je crois.
Aujourd'hui, c'était l'été dans mes veines.
samedi 13 octobre 2007
...MOI ! Je suis prise à l'Ehe*s ! Ne supportant plus l'attente, j'ai fini par appeler le secrétariat, qui m'a annoncé la bonne nouvelle.
Réunion d'information le 23 octobre. Stay tuned !
...
YOUHOUUUUUU !
mercredi 10 octobre 2007
Entre mes mains, je tiens du vent. Comme une poignée de sable s'échappant par tous les interstices, ce que je cherche à saisir se fait difficile à retenir. Je trouve plus facilement le courage de me dire "tant pis" que le courage de m'accrocher.
La seule fois où je me suis accrochée, je me suis usée en efforts vains et contre-productifs. Le courage de recommencer ? Pas ma spécialité. J'ai beau me creuser, je ne suis même pas sûre d'avoir envie de lever le moindre petit doigt. C'est bien trop fatigant de construire une relation.
Je préfère regarder le sable filer entre mes doigts. C'est simple, c'est reposant, c'est lâche. La lâcheté est le concept parfait. Il incarne la peur, la non-action, et tout le contraire de ce qui est nécessaire, si l'on veut être deux.
Je n'ai cependant pas peur de dire que je suis lâche. Quel autre mot pourrais-je utiliser ? Aucun. A part une fois, je n'ai jamais levé le petit doigt pour me montrer et dire ce que je voulais, leur peau, leur esprit, leurs sourires rien que pour moi, leur peau encore. Ce n'est même pas faute d'avoir voulu, parce que je veux. Il n'y a pas de problème pour ça, simplement je veux ma tranquillité par-dessus tout.
Dans la balance ennuis potentiels/bénéfices potentiels, je crains bien que les premiers ne l'emportent. C'est ainsi que je vis, car tout le reste de mon énergie est investi ailleurs, que cela soient les études, la famille ou les amis. Etre "moi" est déjà un job à plein temps, être la "elle" de quelqu'un ne rentre pas dans mes compétences. Et pas question de m'ennuyer à essayer, sauf si on me l'apportait sur un plateau, peut-être.
La fatigue emporte tout, pendant que j'emporterai dans ma tombe une liste des prénoms qui auraient pu devenir... mais qui n'ont jamais su les grands projets que j'avais pour eux et moi.
De la fatigue et du vent comme moteur. Un ambitieux plan de vie.
[ Bande Son ]
dimanche 7 octobre 2007
Sauf que ce n'était pas à 14h30, mais plutôt vers 20 heures, parce que la nuit était déjà tombée à la fin du concert.
Des souvenirs me sont remontés, sur fond de "Il ne restera rien", joué par la page web.
Il n'en reste rien, en effet.
vendredi 5 octobre 2007
Je suis en bonne voie pour être béatifiée. Sérieusement. J'attends un appel du Vatican d'un jour à l'autre pour m'annoncer la bonne nouvelle. S'ils ne se manifestent pas, ce sera moi qui me déplacerai pour motiver ma demande. Je ne vois pas d'autres moyens de me faire récompenser que d'avoir mon prénom dans le calendrier. Il remplacera un prénom moche, Anselme, Fulbert, Firmin, ça manque pas dans le calendrier.
Aujourd'hui, comme chaque jour depuis début septembre, je me réjouissais d'aller voir Benjamin Biolay vendredi soir prochain. J'étais même en train de me rappeler que je devais avertir la mère du môme, à qui je donne un cours ce soir-là , que je ne pourrais pas assurer le cours de vendredi prochain, en raison d'une réunion familiale dans les Yvelines, qui commence à 20 heures pile ('faut pas plaisanter avec la ponctualité des réunions familiales, surtout quand elles se déroulent dans une salle de concert).
Peut-être une heure plus tard, je reçois un texto de ma suuuuper amie d'enfance, que je connais depuis le CE1, et qui me parle de son anniversaire depuis des jours. La fête était censée se dérouler le 13 au soir. Ironie du sort, je lui ai inspiré l'idée de faire une petite fête en plus, avec juste ses amis les plus proches. Et devinez quoi ? Elle fait ça vendredi prochain !
En amie comptant sur une future bénédiction, je ne lui ai même pas dit à quoi je renonçais pour venir à son anniversaire. Moi qui vendrais mes parents pour un concert, et plus encore pour un concert de Biolay, je me vendrais moi-même.
Deuxième épisode (une béatification, ça se mérite). Branchée sur les chaînes de clips, comme à mon habitude lorsque je me réveille (14h30 environ), je zappais. Environ une ou deux heures plus tard, car j'aime m'abrutir devant les derniers clips à la mode, je vois une annonce de MTV Idol pour une de leurs émissions dimanche à 14h15. Il s'agit d'une sélection commentée de clips faite par un artiste plus ou moins à la mode, qui s'appelle "MTV Idol version DuSchmoll", en l'occurence "Version Vincent Delerm" (qui n'est PAS DuSchmoll à mes yeux). Forcément, j'avais beau être seule dans l'appartement, ça ne m'a pas empêchée d'hystériser devant la télé. Petits "iiiiiiih" inclus.
Et à votre avis, qu'est-ce-qui a suivi le texto de Sana ? Un appel d'Act-Up pour me demander si j'étais disponible pour une opération de mailing.. dimanche à 13 heures ! J'ai pris environ 2 secondes pour réfléchir, et me suis dit que je serai plus utile là -bas qu'avachie devant ma télé.
Je ne sais pas si le Vatican accepte les partisans de la cause pédé/gouine/trav/bi en tous genres, mais ils ont intérêt à modifier très vite leurs critères de béatification.
Sainte-Marine, je vous dis, Sainte-Marine. Au besoin on remplacera le A de cette inutile qui occupe le 20 juillet à ma place. Elle a fait quoi elle ? Elle s'est fait martyriser, violer, brûler ? Je renonce à un concert de Benjamin Biolay ET à une émission avec Vincent Delerm. Je ne vois pas ce que je pourrais faire de mieux.
PS : si ma mère n'avait pas déplacé notre visite, demain soir, j'aurais été en train de souhaiter bon anniversaire à mon oncle, dans un trou de l'Oise, au lieu de regarder le match de rugby dans Paris avec des amis, ou n'importe quoi d'autre dans Paris avec des amis, puisque c'est la Nuit Blanche demain soir. Ah oui, précisons : j'avais accepté de mon plein gré d'enterrer mon samedi soir dans l'Oise, parce que "la famille c'est siiii import..blablablaaaaa".
dimanche 30 septembre 2007
(ou "Salembier, sors de moi !")*
Je me suis découvert une vocation, voire plus : un don. Quelques heures par semaine, je suis possédée par tous les profs marquants que j'ai eus dans ma scolarité. Je les mixe, j'en prends le meilleur, j'y rajoute mes défauts, je fais la tambouille, et je me transforme. Je suis la rigide Déchamp, l'exaltée Salembier, la bavarde Pierret, la "fasciste à visage humain" Mas.
Tout ça à la fois et plus encore, en un véritable défilé. Et j'adooooore ça.
J'avais déjà donné des cours particuliers quand j'étais au lycée, en 1e et en TL. Mes élèves étaient en 5e, 4e et 3e. Nous travaillions le français, les mathématiques et que sais-je encore. Je n'avais servi qu'à les maintenir à flot, parce que leurs difficultés me dépassaient, même si j'adorais quand, sur le coup, je parvenais à me faire comprendre.
Avec la prépa, j'ai laissé de côté toute idée de cours particuliers, sans pour autant renoncer à "jouer la prof" de temps en temps. Je ne compte pas le nombre de fois où je me suis retrouvée en situation d'expliquer à mon père une période historique, à mes cousines une méthode pour un devoir, ou encore de passer une heure sur de la philo, etc.
J'aimerais avoir le monde entier pour élèves.
Cette année, je ne suis pas loin d'avoir un échantillon du monde entier. Je donne des cours pour deux sociétés (que je ne nommerai pas, même si je n'ai lu aucune clause d'exclusivité dans leur contrat ahah). Elles m'envoient aussi bien dans le 17e que dans la partie gratinée du 9-3. Sur mes quatre élèves actuels, nous avons :
* un petit riche adorable, mais sans difficultés, pour des cours de latin de 4e ;
* un petit Noir de Bagnolet, perdu dans les mathématiques de 6e ;
* un petit original en 5e, ventousé à sa mère, et qui n'hésite pas à me reprocher mes méthodes fascistes ;
* une 1e S fadasse en banlieue paisible, dont j'essaie désespérément d'accroître le vocabulaire.
J'aime tellement faire ça, que me faire payer moitié moins par-rapport à des élèves trouvés sans intermédiaire, ça ne me dérange (presque !) pas. On verra bien si j'arrive à combiner ça longtemps avec mon (double ?) master. Au pire, si je dois réduire le nombre d'heures, je chercherai des cours mieux payés moi-même. En revanche, je n'envisage même pas de faire autre chose à la place.
A priori, je ne suis pas sur la rampe de lancement du professorat. Il faudrait pour cela passer des concours qui ne se superposent pas facilement aux études que j'ai envie de faire. Si l'occasion se présente, peut-être que je tenterai ma chance, avec toujours en tête l'idée qu'aucun métier au monde ne me divertira seul pendant quarante ans. Il me faudrait plusieurs vies pour toucher à tout ce qui m'intéresse.
Toujours est-il que, pour l'instant, expliquer à une danseuse le commentaire linéaire d'un texte de Rabelais, faire réciter ses déclinaisons à un futur normalien, ou voire apparaître le sourire de l'illumination mathématique, c'est mon moment préféré de la semaine.
* En souvenir de la 4e Rouge et du dernier rang.