samedi 15 mars 2008

Easy as a kiss I found an answer

Des tas de brouillons morts-nés sur mon ordinateur. Des tas de textes sans intérêt, aux métaphores alambiquées, pompeuses, et qui sentent l'étudiante en filière littéraire à 1500 kilomètres à la ronde.
Comme disait une chanson que j'ai écoutée en boucle à la rentrée "les mots n'ont jamais pu soigner ce que j'ai au fond, ce que j'ai toujours eu". L'écriture c'est ma vie c'est mon échec. Rien de plus vrai.

Ce blog, c'est la preuve la plus flagrante que les mots ne peuvent rien -
Mes crises de colère n'ont jamais trouvé d'exutoire réel dans mes écrits. Le bouillonnement permanent est à peine perturbé si j'y plonge la pointe d'un stylo. Je suis morte dix foix, vingt fois, de colère. Plus souvent qu'à mon tour, j'ai écrit sous la fureur, croyant transformer la boue en or, et la rage en .. ? Jamais su quoi.

Ce blog, c'est la preuve la plus flagrante que les mots ne peuvent rien -
Les Solénites ne se sont jamais calmées à travers les mots, bien au contraire. Je les ai attisées, je les ai entretenues, je les ai nourries comme mes enfants, croyant bien faire. L'illusion de ressemblance n'a jamais existé qu'à travers les mots, les blogs. A chaque apparition de Solène sous mes doigts, j'assassinais un peu plus la réalité. C'est ces mots faussement romantiques qu'il aurait fallu crever pour arrêter la Solénite.

Ce blog, c'est la preuve la plus flagrante que les mots ne peuvent rien -
L'idée Robinson elle-même sait combien elle doit aux mots. Flinguer Céline. Ce ne sont définitivement pas les mots qui ont mis en pièce le spectre robinsonien.

Ce blog, c'est la preuve la plus flagrante que les mots ne peuvent rien -

Ce blog, c'est la preuve la plus flagrante que les mots ne peuvent rien seuls.

Ce blog, c'est la preuve la plus flagrante que les mots ne peuvent rien seuls. Easy as a kiss I found an answer.

Ce blog, c'est la preuve la plus flagrante que les mots ne peuvent rien seuls. Easy as a kiss I found an answer. Ma réponse.

Les personnes peuvent quelque chose, moi seule ne peux rien. Je ne crois pas en ma propre force, je ne fais qu'aspirer celle qui m'entoure comme un trou noir.
Quand j'étais petite, je regardais avidement le dessin animé des X-Men, et mon personnage préféré était Malicia. Malicia, c'est celle qui, rien que par contact physique, absorbe littéralement l'énergie des personnes. Je ne sais pas trop pourquoi elle était ma préférée à l'époque, mais retrospectivement, je trouve ça très amusant d'avoir jeté mon dévolu sur elle.

Un effleurement de peau - Sa peau. Un baiser - Son baiser.
Réponse facile.

Solène, Robinson et tous les autres : la nuit a une fin.

Fin.




lundi 3 décembre 2007

Ma Marine NonPareille

Paraît que sur un blog on peut parler de ce qu’on veut, et généralement on parle de soi, de ce qu’on a, de ce qu’on est est blabla. Je trouve ça génial comme concept. Moi, je n’en ai pas, de blog. Et Marine elle est en panne de blog, alors jme suis dit : elle, elle peut pas, moi je veux, et Nicolas, il a déjà, alors, je peux ?

Je peux. Je peux donc raconter ce que je veux, c’est géant ! Ca me grise, tu peux pas savoir. Alors…je vais te parler de Ma Marine. Oui, oui, j’en ai une. Même, le plus souvent, j’en suis fière. Des fois, j’ai honte d’en être fière.

Ma Marine, si tu la vois, tu peux pas la rater, et si tu ne la vois pas, tu l’entends et si tu ne la vois pas et que tu ne l’entends pas, ben c’est qu’elle n’est pas là.
Ma Marine a des pouvoirs. Si tu veux, je te dis. Tu veux pas ? Je te dis quand même. Ben oui, c’est ça, le blog.
Ma Marine, ben elle se dédouble. Ouais. Elle bouge tellement vite que ça te fait le truc dans ton œil, la persistance rétinienne que le prof de SVT il t’a expliqué en 1ère L. T’écoutais pas ? Bah c’est la persistance rétinienne. C’est quand quelque chose (là c’est ma Marine) bouge tellement vite que tu la vois ailleurs, mais ton œil la voit encore à l’endroit où elle était avant. C’est comme ça que tu peux voir six Marine d’affilée, qui font des mouvements bizarres (elle fait ça, aussi). Ca fait bizarre, moi je te le dis. Et on ne s’y habitue jamais.
Ma Marine, en fait, quand j’y réfléchis, elle est aussi une. Elle est entière, elle est elle-même et elle est bien arrêtée sur ce qu’elle dit et sur ce qu’elle pense.
Ma Marine, tu vois, avant de la rencontrer, ben t’aurais jamais cru qu’on pouvait parler autant. Même ta mamie quand elle te raconte sa visite chez le médecin et le voisin qui laisse crotter son chien devant chez elle, c’est de la gnognotte à côté. Tu ne peux même pas savoir si elle a une bouche parce qu’elle est jamais fermée. Avant de rencontrer ma Marine, j’aurais jamais cru que chaque chose comportait un tel potentiel de mot. Tu sais quoi ? Ben si, un jour, en revenant d’un endroit où tu avais crié ta colère et ta rage du gouvernement, les genoux fourbis et les pieds trempés, quelqu’un (Ma Marine) t’avait lu à HAUTE voix TOUT ce qui était écrit dans la rue, qu’est-ce que t’aurais fait ? T’aurais pété un câble, comme on dit. Elle a fait ça, si, si, tout, les panneaux, les enseignes, les plaques minéralogiques, les publicités, les graffitis, tout, je te dis. Souvenir douloureux.
Finalement, Ma Marine, elle parle pas beaucoup. Quand elle veut dire quelque chose qui s’approche de ce qu’elle ressent dans son cœur à elle, ça devient noir, obscur et toi tu dois te concentrer à mort pour essayer de comprendre le quart de la moitié de ce qu’elle (ne) veut (pas) dire. Des fois, je me dis, peut-être, même elle, elle sait pas ? Quand Ma Marine se tait, c’est le moment de l’écouter.
Ma Marine parle beaucoup, donc, mais elle a aussi une autre option extraordinaire : elle fait des sons. Oui. Des sons que jamais t’aurais imaginé qu’on puisse en produire autant aussi diversifiés. Elle crie aigu bref, elle grogne sourd, elle hurle soprano continu, elle murmure sporadique, elle geint émouvant, elle piaille fatiguant, elle ronchonne amusant, elle ronronne mignon, elle soupire agaçant jusqu’à ce que TU meures. Parce que tu en meurs, souvent. Le seul qui en meurt pas, c’est mon copain ( parce que j’ai aussi un copain) parce qu’il a découvert que quand tu la chatouilles à des endroits différents, ça fait autant de bruits différents. Ils s’amusent. Nous mourons.
Ma Marine fait le silence le plus bruyant du monde, dans des moments d’extase et de recueillement, et dans des moments de douleur très très grande, genre comme quand tu t’étais cassé la jambe l’hiver dernier. Le bruit de son silence, ben tu en meurs aussi, mais différemment.
Ma Marine, ben elle sait ce qu’elle veut, si toi tu veux pas la même chose qu’elle, ben c’est tant pis, elle te brame aux oreilles (jusqu’à ce que tu meures, si tu as suivi). Elle sait ce qu’elle veut et ce qu’elle veut pas, et elle préfèrerait mourir plutôt que de te laisser partir sans que tu aies parfaitement compris pourquoi elle le veut, et surtout, pourquoi elle a raison.
Ma Marine, elle ne sait pas ce qu’elle veut, elle veut tout, mais même pour elle, c’est pas possible, alors elle sait pas, elle hésite, elle réfléchit, elle décide, elle recule, elle questionne, elle conseille, elle retourne, elle se mord les lèvres, ouvre les deux mains et finit par prendre les deux options toutes entières.
Tu as de la chance, toi, misérable vermisseau, Ma Marine, elle aime tout le monde. Ton père, ton facteur, ta patronne, ton chien, ton bonnet rose et ton bouquet de fleurs, et toi même quand tu seras devenu handicapé et tout vert.
Ma Marine, en vrai, elle n’aime que moi. (Si t’es pas content, t’as pas qu’à lire ce blog, après tout on m’a dit, t’écris ce que tu veux).
Ma Marine, ben elle est jamais disponible. Elle va venir, hein, mais après le coiffeur, tu comprends ? Avant le coiffeur, faut juste qu’elle aille donner des cours, suivre son double master, aller quatre fois voir la même pièce de théâtre, manger quatorze mille chocolats, traverser l’Ile de France pour un concert, crier sur sa mère, aller à quelques fêtes, acheter quelques cadeaux, faire quelques blocages, voir soixante millions d’amis. Elle arrive, je te dis.
Ma Marine, c’est super facile de lui faire annuler des milliers de rendez-vous, quand tu la connais. Comme je suis sympa je te donne quelques trucs. Tu lui dis que tu as des chocolats/ du Nutella/ Marie-Aude Murail/ Tryo / des hamsters/que tu veux juste la voir. Tous ces trucs-là, ça marche.
Ma Marine, ben, ce qu’elle râle ! Si tu fumes, si tu votes à droite, si tu n’aimes pas la philo, dis des choses sur les gens qu’elle aime, dis que l’école c’est de la merde, que Maz est un con, que Louise Attaque, c’est pourri… allez j’en dis pas plus. Teste un de ceux-là, recule-toi dans un coin avec des pop-corn, et regarde. Mieux que le cinéma. Satisfait ou remboursé, j’en réponds.
Ma Marine, elle te fait comprendre le sens du mot « content ». Au début, toi pas comprendre cris aigus/mouvements de bras/danse de la pluie ou du chapeau. Après tu sais (mais tu regardes ailleurs d’un air embarrassé).

Quand même, c’est pas juste. C’est même de l’arnaque, je dirais. Parce que quand on m’a dit que je pourrais parler de moi, j’ai cru que je pourrais être égoïste. Alors que là, je te donne tous les tuyaux. Le fruit de plus de trois ans de réflexion, de prises de notes, d’interrogations, d’observations intenses, de plans caralambiqués. Bah tant pis.
Dis, tu devines la fin ? Ma Marine, je l’aime.

Merci à vous, lecteurs de m’avoir permis d’écrire ce long post bourré de parenthèses, de fautes de français et d’orthographe, de « quelque chose » et de « trucs ». Quel bonheur !
Merci à la propriétaire de ce blog, qui a, je l’espère, su désormais trouver un autre espace de parole. Ce blog enfin quasi-inactif est la plus belle preuve de ce qu’elle est en train de vivre. Merci Ma Marine. Tu es NonPareille.




vendredi 30 novembre 2007

L'Oryctérope (ou la Fin de Panne ?)

Sur un quai de gare, sur un pont, dans un Mc Do, dans un lit, au milieu d’un parc il y a certaines choses qui sont tellement étranges, qui marquent, d’une marque profonde et pourtant suave, plein de nostalgie et de regrets…

Dans un monde parfait [doit-on vraiment mettre le conditionnel, si on voudrait désespérément y mettre un futur ?], il n’y aurait pas de moments comme cela, car on serait sublimé sans arrêt, sans penser à conclure, à vivre les choses sans réfléchir, avec à ses côtés de quoi tenir pour une éternité.
Dans un monde parfait, l’Océan du Désir serait infini, le Continent de la Passion l’entourerait avec frénésie [un océan infini entouré d’un continent ? Un monde parfait n’existe pas, vous le savez bien, ne nous soucions pas de réalisme !].
Dans un monde parfait, les pigeons ne balanceraient pas leurs ailes au visage des passants, les merdes de chien ne se glisseraient sous les pieds [même si sous le pied droit, ça peut aller…]
Dans un monde parfait, les blogs n’existeraient sans doute pas, puisqu’on se dirait les choses directement, sans hésiter, sans penser à utiliser une représentation de soit écrite et distante.
Mais à attendre ce monde parfait, on laisserait presque passer le monde réel qui vaut pourtant la peine qu’on la vive pour elle-même, quand bien même elle soit assez sombre.

« Les passionnés soulèvent le monde quand les sceptiques le laissent tomber »
Morale ?

Ce blog était en panne, à croire que son auteur est dans ce monde parfait. Je me suis permis de l’animer un peu de mon aigre humour… Et je ne me suis pas présenté, Nicolas, alias Coquette ou d’autres sobriquets étranges et mystérieux ! Un Jauressien, parmi d’autres… (ou pas… j’espère !) qui est en manque de son blog favori (ou tout du moins le plus tarabiscoté... si c'est français ?)




jeudi 18 octobre 2007

Juillet en automne

Il était une fois, au pays des merveilles. Je n'ai jamais pu me résoudre au pessimisme ou au cynisme, la signification même de ces mots m'échappe. Plus souvent qu'à mon tour, je peux jouer la torturée ou la fille paralysée sur place par ses peurs. La réalité, c'est que la glace fond chaque fois, grâce à la chaleur du sang qui circule dans mes veines. C'est une chaleur qui revient à chaque battement de coeur, qui me fait oublier l'état dans lequel j'étais à la seconde précédente. La seule chose dont je suis aussi certaine que mon nom, c'est que si la température peut parfois descendre à -10°, elle peut surtout monter à +50°. Je pourrais parler médiane ou moyenne pour m'expliquer. J'avais ainsi commencé à écrire une phrase bien scientifique et lisse. Seulement, la vérité de ce que je ressens actuellement se trouve à des années-lumière des statistiques. Ici, il faut laisser la place aux mots, aux sentiments, aux couleurs, aux sons. Il y a 2/3 jours, sur une chaîne de clips, j'ai découvert une chanson aux notes pleines de nostalgie. Elle est tombée à pic sur mon coeur. La musique m'a rappelée tant de choses pas ressenties depuis longtemps, l'envie d'appartenir à, l'envie de dérouler le tapis rouge de mes sentiments devant, je crois que cela s'appelle aimer. Je crois.
Aujourd'hui, c'était l'été dans mes veines.







mercredi 10 octobre 2007

Blown off

Entre mes mains, je tiens du vent. Comme une poignée de sable s'échappant par tous les interstices, ce que je cherche à saisir se fait difficile à retenir. Je trouve plus facilement le courage de me dire "tant pis" que le courage de m'accrocher.
La seule fois où je me suis accrochée, je me suis usée en efforts vains et contre-productifs. Le courage de recommencer ? Pas ma spécialité. J'ai beau me creuser, je ne suis même pas sûre d'avoir envie de lever le moindre petit doigt. C'est bien trop fatigant de construire une relation.

Je préfère regarder le sable filer entre mes doigts. C'est simple, c'est reposant, c'est lâche. La lâcheté est le concept parfait. Il incarne la peur, la non-action, et tout le contraire de ce qui est nécessaire, si l'on veut être deux.
Je n'ai cependant pas peur de dire que je suis lâche. Quel autre mot pourrais-je utiliser ? Aucun. A part une fois, je n'ai jamais levé le petit doigt pour me montrer et dire ce que je voulais, leur peau, leur esprit, leurs sourires rien que pour moi, leur peau encore. Ce n'est même pas faute d'avoir voulu, parce que je veux. Il n'y a pas de problème pour ça, simplement je veux ma tranquillité par-dessus tout.

Dans la balance ennuis potentiels/bénéfices potentiels, je crains bien que les premiers ne l'emportent. C'est ainsi que je vis, car tout le reste de mon énergie est investi ailleurs, que cela soient les études, la famille ou les amis. Etre "moi" est déjà un job à plein temps, être la "elle" de quelqu'un ne rentre pas dans mes compétences. Et pas question de m'ennuyer à essayer, sauf si on me l'apportait sur un plateau, peut-être.
La fatigue emporte tout, pendant que j'emporterai dans ma tombe une liste des prénoms qui auraient pu devenir... mais qui n'ont jamais su les grands projets que j'avais pour eux et moi.

De la fatigue et du vent comme moteur. Un ambitieux plan de vie.

[ Bande Son ]




vendredi 5 octobre 2007

Sainte-Marine

Je suis en bonne voie pour être béatifiée. Sérieusement. J'attends un appel du Vatican d'un jour à l'autre pour m'annoncer la bonne nouvelle. S'ils ne se manifestent pas, ce sera moi qui me déplacerai pour motiver ma demande. Je ne vois pas d'autres moyens de me faire récompenser que d'avoir mon prénom dans le calendrier. Il remplacera un prénom moche, Anselme, Fulbert, Firmin, ça manque pas dans le calendrier.

Aujourd'hui, comme chaque jour depuis début septembre, je me réjouissais d'aller voir Benjamin Biolay vendredi soir prochain. J'étais même en train de me rappeler que je devais avertir la mère du môme, à qui je donne un cours ce soir-là, que je ne pourrais pas assurer le cours de vendredi prochain, en raison d'une réunion familiale dans les Yvelines, qui commence à 20 heures pile ('faut pas plaisanter avec la ponctualité des réunions familiales, surtout quand elles se déroulent dans une salle de concert).
Peut-être une heure plus tard, je reçois un texto de ma suuuuper amie d'enfance, que je connais depuis le CE1, et qui me parle de son anniversaire depuis des jours. La fête était censée se dérouler le 13 au soir. Ironie du sort, je lui ai inspiré l'idée de faire une petite fête en plus, avec juste ses amis les plus proches. Et devinez quoi ? Elle fait ça vendredi prochain !
En amie comptant sur une future bénédiction, je ne lui ai même pas dit à quoi je renonçais pour venir à son anniversaire. Moi qui vendrais mes parents pour un concert, et plus encore pour un concert de Biolay, je me vendrais moi-même.

Deuxième épisode (une béatification, ça se mérite). Branchée sur les chaînes de clips, comme à mon habitude lorsque je me réveille (14h30 environ), je zappais. Environ une ou deux heures plus tard, car j'aime m'abrutir devant les derniers clips à la mode, je vois une annonce de MTV Idol pour une de leurs émissions dimanche à 14h15. Il s'agit d'une sélection commentée de clips faite par un artiste plus ou moins à la mode, qui s'appelle "MTV Idol version DuSchmoll", en l'occurence "Version Vincent Delerm" (qui n'est PAS DuSchmoll à mes yeux). Forcément, j'avais beau être seule dans l'appartement, ça ne m'a pas empêchée d'hystériser devant la télé. Petits "iiiiiiih" inclus.
Et à votre avis, qu'est-ce-qui a suivi le texto de Sana ? Un appel d'Act-Up pour me demander si j'étais disponible pour une opération de mailing.. dimanche à 13 heures ! J'ai pris environ 2 secondes pour réfléchir, et me suis dit que je serai plus utile là-bas qu'avachie devant ma télé.
Je ne sais pas si le Vatican accepte les partisans de la cause pédé/gouine/trav/bi en tous genres, mais ils ont intérêt à modifier très vite leurs critères de béatification.

Sainte-Marine, je vous dis, Sainte-Marine. Au besoin on remplacera le A de cette inutile qui occupe le 20 juillet à ma place. Elle a fait quoi elle ? Elle s'est fait martyriser, violer, brûler ? Je renonce à un concert de Benjamin Biolay ET à une émission avec Vincent Delerm. Je ne vois pas ce que je pourrais faire de mieux.

PS : si ma mère n'avait pas déplacé notre visite, demain soir, j'aurais été en train de souhaiter bon anniversaire à mon oncle, dans un trou de l'Oise, au lieu de regarder le match de rugby dans Paris avec des amis, ou n'importe quoi d'autre dans Paris avec des amis, puisque c'est la Nuit Blanche demain soir. Ah oui, précisons : j'avais accepté de mon plein gré d'enterrer mon samedi soir dans l'Oise, parce que "la famille c'est siiii import..blablablaaaaa".




dimanche 30 septembre 2007

WonderPraeceptor

(ou "Salembier, sors de moi !")*

Je me suis découvert une vocation, voire plus : un don. Quelques heures par semaine, je suis possédée par tous les profs marquants que j'ai eus dans ma scolarité. Je les mixe, j'en prends le meilleur, j'y rajoute mes défauts, je fais la tambouille, et je me transforme. Je suis la rigide Déchamp, l'exaltée Salembier, la bavarde Pierret, la "fasciste à visage humain" Mas.
Tout ça à la fois et plus encore, en un véritable défilé. Et j'adooooore ça.

J'avais déjà donné des cours particuliers quand j'étais au lycée, en 1e et en TL. Mes élèves étaient en 5e, 4e et 3e. Nous travaillions le français, les mathématiques et que sais-je encore. Je n'avais servi qu'à les maintenir à flot, parce que leurs difficultés me dépassaient, même si j'adorais quand, sur le coup, je parvenais à me faire comprendre.
Avec la prépa, j'ai laissé de côté toute idée de cours particuliers, sans pour autant renoncer à "jouer la prof" de temps en temps. Je ne compte pas le nombre de fois où je me suis retrouvée en situation d'expliquer à mon père une période historique, à mes cousines une méthode pour un devoir, ou encore de passer une heure sur de la philo, etc.
J'aimerais avoir le monde entier pour élèves.

Cette année, je ne suis pas loin d'avoir un échantillon du monde entier. Je donne des cours pour deux sociétés (que je ne nommerai pas, même si je n'ai lu aucune clause d'exclusivité dans leur contrat ahah). Elles m'envoient aussi bien dans le 17e que dans la partie gratinée du 9-3. Sur mes quatre élèves actuels, nous avons :
* un petit riche adorable, mais sans difficultés, pour des cours de latin de 4e ;
* un petit Noir de Bagnolet, perdu dans les mathématiques de 6e ;
* un petit original en 5e, ventousé à sa mère, et qui n'hésite pas à me reprocher mes méthodes fascistes ;
* une 1e S fadasse en banlieue paisible, dont j'essaie désespérément d'accroître le vocabulaire.

J'aime tellement faire ça, que me faire payer moitié moins par-rapport à des élèves trouvés sans intermédiaire, ça ne me dérange (presque !) pas. On verra bien si j'arrive à combiner ça longtemps avec mon (double ?) master. Au pire, si je dois réduire le nombre d'heures, je chercherai des cours mieux payés moi-même. En revanche, je n'envisage même pas de faire autre chose à la place.
A priori, je ne suis pas sur la rampe de lancement du professorat. Il faudrait pour cela passer des concours qui ne se superposent pas facilement aux études que j'ai envie de faire. Si l'occasion se présente, peut-être que je tenterai ma chance, avec toujours en tête l'idée qu'aucun métier au monde ne me divertira seul pendant quarante ans. Il me faudrait plusieurs vies pour toucher à tout ce qui m'intéresse.

Toujours est-il que, pour l'instant, expliquer à une danseuse le commentaire linéaire d'un texte de Rabelais, faire réciter ses déclinaisons à un futur normalien, ou voire apparaître le sourire de l'illumination mathématique, c'est mon moment préféré de la semaine.

* En souvenir de la 4e Rouge et du dernier rang.




jeudi 27 septembre 2007

Caramelle

Il devrait y avoir plus de filles dans le monde. Ou alors, plus de films devraient parler de filles. Ou les filles devraient toutes davantage ressembler à des filles. Ou faire quelque chose pour tout repeindre dans des couleurs de fille, du rose si vous n'aviez pas compris.
Je vois déjà les sourires se dessiner sur vos visages. Ce n'est pas ma faute, si mon monde est féminin.

Dans ma famille, j'ai principalement des cousines, et je m'entends très bien avec toutes. Du côté de mon père, j'ai cinq tantes et deux oncles ; du côté de ma mère, davantage d'oncles, mais je ne vois que la tante. Ma grand-mère paternelle a élevé seule ses enfants, ce qui en a fait une femme forte dont la figure plane encore sur la famille. Ma grand-mère maternelle, bien que vivant à 300 km, est présente à la maison tous les jours, par la seule existence de ma mère qui n'a jamais coupé le cordon.
Ce n'est pas une famille de femmes, comme peuvent l'être certaines familles (la généalogie colinienne), mais elles y tiennent une place plus décisive que celle des hommes.

Toute ma scolarité fut féminine. En primaire, je ne parlais aux garçons que pour leur dire d'apprendre à lire. Au collège, les garçons ont été éliminés par le collège non-mixte. Je devais bien en fréquenter quelques-uns à l'athlétisme, mais, sans surprise, je préférais la soeur s'il y en avait une.
En toute franchise, vivre dans un bocal féminin à cet âge-là, c'était une moitié de désastre : entre les jalouses, les purement méchantes, les pouf-en-devenir, l'ambiance était sportive. Ca m'a tout de même aidée à me blinder contre toutes les bassesses possibles entre filles. Et puis surtout, j'étais bien contente d'être à l'abri des garçons : maladivement timide comme je l'étais, maladroite comme j'agissais, ce qui me terrorisait par-dessus tout était le contact masculin.
Je me souviens de la rentrée de seconde comme de celle qui m'a demandé la plus grosse préparation psychologique. J'ai davantagé été angoissée à l'idée d'avoir des garçons dans ma classe, qu'à l'idée de foutre en l'air tous mes week-ends pour la prépa. C'est pour dire. Pourtant, ils étaient peu nombreux, peut-être sept ou huit sur trente élèves.
Mais heureusement pour l'héroïne de cette article, elle est passée en littéraire ! Là où on ne trouve que deux specimen XY par classe, à gérer au quotidien jusqu'au bac. On a eu chaud ! Après le bac, le topo est presque identique, car je n'ai jamais eu une classe composée de plus d'un tiers de garçons.

Et ce n'est pas plus mal, car mon univers est féminin. J'aime les artistes femmes, j'aime les oeuvres qui parlent de femmes, j'aime avoir des amiEs plutôt que des amis. Je trouve quelque chose de terriblement.. séducteur à la moitié de l'humanité laissée hors de l'Histoire.
Mon univers est tellement féminin que même mes études concernent les femmes. Pour mon master d'histoire, je veux travailler sur les prises de voile pendant la période romantique, c'est-à-dire la décision d'entrer dans un couvent et la cérémonie qui va avec. Si je suis prise également à l'Ehe*s, je vais travailler sur Ni putes ni soumises, des femmes d'un autre syle, dira-t-on.
Ce n'est pas que j'élimine les hommes, mais je les ai toujours cantonnés à la sphère amoureuse. Les exceptions en sont rares et récentes. Dans l'état actuel des représentations que l'on se fait du masculin et du féminin, ce qui est associé aux hommes ne m'intéresse pas le moins du monde. Face à la promotion de la force en haut de l'échelle sociale, mon coeur balance pour les chemins détournés et plus subtils, la souplesse et l'humanité, qui ne devraient jamais rester du côté féminin.
C'est tout mon engagement, politique et quotidien.

Et tout ça, parce qu'hier j'ai vu "Caramel", un film de femmes. Un film émouvant, séduisant, intelligent. Un film de femmes.
XX est une combinaison qui m'inspire.




vendredi 14 septembre 2007

The Teenage Hallows

Les vacances ont été tourmentées, mais j'aime encore répondre "ça a été" quand on me demande si elles étaient bonnes. En fait, je ne sais pas si "tourmentées" correspond à ce que j'ai en tête, parce que ce mot appartient au registre dramatique, loin de la réalité.

Peut-être que "contaminées" conviendrait davantage. Registre médical. Maladie, diagnostic, remède, guérison, doucement. Oui, ces vacances ont été contaminées. Elles ont été contaminées parce que je n'ai su faire barrage de mon corps entre l'angoisse, venue de l'année scolaire, et le repos qui était à présent mien. Je me suis ouverte aux quatre vents, me laissant submerger par des angoisses que je croyais loin de moi.
Au microscope, on aurait pu les observer les mignonnes. Moi je n'y ai vu que du feu, trop occupée à remercier quotidiennement tous les dieux imaginables de ne plus être en khâgne. Mais il fallait bien que ce corps éclate, j'ai dû exorciser mes peurs.

Ca tombe même bien, parce que la scène a ressemblé à L'Exorcisme, le Père Damien Karras en moins. En plein milieu de l'anniversaire de Matthieu, fin juillet, je me suis écroulée, vaincue par l'alcool et deux chansons qui m'ont ramenée à de mauvais souvenirs. Je garde un souvenir aigü de la scène, trop pour moi en tout cas. Les spasmes, le délire, les propos incohérents mais trop troublants pour être oubliés. J'aurais bien voulu mettre tout ce que j'ai dit sur le compte de l'alcool, mais celui-ci n'était pas pour grand-chose dans l'histoire. Les peurs me font comme l'acide sur le marbre.
Je me souviens avoir crié que je voulais ma mère. A la place, j'ai eu mes amis, et ça m'a aidée à me calmer. Ca, et la suite des vacances aussi.

This is the comfort of friends, that though they may be said to die, yet their friendship and society are, in the best sense, ever present, because immortal - There is a cure in the house

La suite, c'est le mois d'août et ses résolutions prises d'elles-mêmes. Je n'ai pas voulu me faire violence, je n'avais pas la force d'aller contre moi. C'est peut-être une mécanique d'auto-préservation qui s'est mise en route toute seule, tout simplement. Quand l'urgence a été de garder la tête hors de l'eau, sans le vouloir, j'ai écrit "Comment se reposer la tête et le reste Pour les Nuls", au fil des semaines d'août.
Il fallait faire le ménage : définitivement javelliser ma mémoire des personnes et des choses qu'un jour j'ai désirées, sans jamais y parvenir. Les souvenirs putrides, les amertumes périmées, j'ai oublié et excusé. C'est aussi passé par un vrai rangement, celui de ma chambre, où je n'avais pas déplacé un mouton de poussière depuis le début de l'hypokhâgne. En triant l'intégralité de mes affaires, 3 ans de prépa et 11 du reste, soigneusement conservées année après année, j'ai revu des photos, des mots, des fantômes. La température de mon corps n'a pas augmenté à leur vue, alors que j'ai si longtemps ragé contre Aurélia et Charlotte. Ardeurs tiédies, victoires.
Je me suis aperçue que je me suis enfin réconciliée avec les vagues du début de mon adolescence. Même Jennifer ou Antoine ont succombé à ce doux parfum de victoire sur les anciennes frustrations. Même la question Robinson.

Passer en pilotage automatique n'a pas servi qu'à me purger des souvenirs inutiles. Pendant deux semaines trop longues, j'ai dû me lever tous les matins pour aller travailler. La routine métro-boulot-ménage a fait partie du remède en vue de la guérison. En prise directe avec le réel, avec le monde, allô allô ici la terre, je n'ai pas fui. Trop souvent, j'ai trop facilement échappé au réel, aidée par 20 ans d'expérience du type "fille unique cherche occupation".
Et c'est peut-être ça, ajouté à mes heures de repassage et de ménage comme je n'en avais jamais faites, qui m'a définitivement fait passer de l'autre côté du miroir. Je ne dis pas que mes jours sont devenus suuuuuper merveilleux, beaux, magnifiques, géniaux. Je n'aurais pas supporté le choc de passer d'un extrême à l'autre.

J'ai juste mis une pincée de réalisme. Celle qui a signé un acte de décès. L'adolescence.
Si elle revient, ce sera sous une autre forme, mais alors elle ne méritera plus de porter son nom. Ca fait des semaines que je n'ai pas été l'adolescente, en tout cas pas celle que j'ai été sans faille chaque jour depuis le lycée. La haine brûlante, les amours dans tous les sens, l'envie de hurler au temps qui passe. Quelque part, il y en aura toujours des restes, mais bien que des restes.
Voilà comment se protéger de soi-même. J'ai découvert qu'il fallait m'amputer de l'adolescence, même si je n'ai pas effectué ce travail consciemment. J'étais le mal et son remède. La crise était violente, mais je n'en attendais pas moins : je savais que la fin de l'adolescence se ferait dans la douleur. Après tout, quoi de plus normal pour moi qui ai longtemps cultivé mes 16 ans. C'est simplement arrivé plus vite que je ne le pensais.

Fiam. Encore et toujours.




lundi 23 juillet 2007

Neverending Story

Ca n'est pas facile. Pendant un an, j'ai soigneusement évité de me regarder dans les miroirs. Je me voyais, mais je ne regardais pas. Je ne sais pas comment j'ai si bien pu me contourner pendant tous ces mois. Etrangement, l'objet qui a mis fin à ce jeu de cache-cache, est précisément l'objet par lequel je cherche à m'évader depuis des semaines.
Harry Potter.
Ca n'est pas facile. Il me faudrait expliquer 16 ans de lecture pour faire comprendre le lien possible entre un livre et ma vie. L'histoire du roman n'a même pas nécessairement un rapport direct avec moi.
Ca n'est pas facile.

Pourtant, cette nuit, pendant que j'avalais la fin du tome 7, il s'est passé quelque chose. Il s'est passé une alchimie que je n'avais jamais ressentie à ce point, même avec les tomes précédents. Ca parlait de vie et de mort, ça parlait d'amour et d'amitié. Tout ça est très banal au fond. Ca ne suffit néanmoins pas à expliquer les larmes et les spasmes que je n'ai cessé d'endurer à chaque chapitre, du début à la fin du livre.
Ca n'est pas facile.

Pourquoi je n'ai cessé de vouloir me protéger cette année ? Pourquoi je me suis refait cette carapace, que j'ai mis tant d'années, tant d'efforts, à déconstruire petit à petit ? Pourquoi mon humour et mes remarques sont devenus plus morbides que jamais ? Ca n'est pas facile.
Je crois que je me suis fait du mal cette année, beaucoup de mal. Certes, j'ai vaincu la khâgne-bis, mais à quel prix. Je me suis totalement oubliée. J'ai repoussé chaque morceau de moi qui hurlait d'arrêter, négligé ces petits bouts de faiblesse qui cédaient les uns après les autres. Je me suis dit "je suis seule je suis seule je suis seule" en pensant que ça m'aiderait à surmonter tout comme une grande.

Mais I collapsed. Je demande pardon pour le mot anglais qui m'est venu tout seul, plus naturellement que le mot français. Je me suis effondrée.
Pas forcément dans le sens où on pourrait s'y attendre, pas dans le sens où les gens peuvent s'effondre, en piquant une crise de nerfs une bonne fois pour toutes, et en s'attablant ensuite à recoller les morceaux de verre brisé. J'ai bien frôlé une crise de ce type, après tous mes problèmes administratifs. Mais non, moi je me suis effondrée au ralenti. Ca n'était ni plus chic, ni moins douloureux. Harry Potter parlait de vie et de mort.
J'ai passé des mois à me parler aussi de vie et de mort. Non, pas dans ces grandes phrases tragiques et philosophiques qu'on lit dans les livres. Je me suis juste hurlé, depuis des mois, qui sait depuis combien d'années je me le répète, "MEURS MEURS".
Ca n'est pas facile.

Je m'excuse auprès de ceux que je connais qui viennent lire ici, et qui se sentent sûrement gênés de se trouver au milieu du grand déballage auquel ils ne s'attendaient probablement pas. Qui se sont dit un jour en arrivant ici "ahah c'est le blog de Marine ! Ahah c'est plein de couleurs ça lui ressemble !"
Pourquoi je dis tout ça ici et pas dans un journal, pas en privé, pas à un psy ? Je ne sais pas. En quelque sorte, cet endroit m'est familier, j'y parle à tous donc à personne. De plus, je suis consciente d'avoir cherché à émettre des signaux, plus ou moins explicites, sans évidemment avoir les réponses que j'attendais. Je ne tendais pas suffisamment la main pour qu'on puisse me l'attraper.
Ca n'est pas facile.

It all comes down to being a teenager struggling with adulthood. D'une certaine façon, ce qui me fait mal dans tout ça, c'est comprendre que je n'aurai plus jamais 16 ans. Tout ce qui a accompagné mon enfance et mon adolescence est fini : Friends suivi pendant 8 ans, Harry Potter suivi pendant 8 ans aussi, la prépa pendant 3 ans. Chacune de ces fins fut un signe avant-coureur de ce que j'aurais dû prévoir comme étant un tremblement de terre, si seulement je m'étais un peu mieux regardée dans les miroirs : je ne serai jamais plus une adolescente.
Cette nuit, la pensée ne s'est pas formulée comme ça dans ma tête, pas aussi clairement. J'étais trop occupée à pleurer. Maintenant, je sais ce que chaque larme, chaque soubresaut, signifiait. Je pleurais parce que l'être de papier qui évoluait sous mes doigts fébriles ne serait plus jamais adolescent non plus. Ces mouvements nerveux qui me servaient à suivre les lignes de caractères, j'aurais dû les employer à suivre les lignes de mon visage et de mon propre caractère.

La fin de la prépa a laissé un vide béant en moi, un Ground Zero que je ne sais comment réparer. Ce n'est pas la prépa qui m'a fait ça, c'est moi toute seule, méthodiquement, qui me suis arrachée des lambeaux d'âmes et me suis acharnée à détruire la confiance que j'avais en moi.
Ca n'est pas facile.
Finalement, ça n'est pas très surprenant ce que je dis. Je me surprends à peine, parce que je me contournais depuis des mois, mais je savais tout cela au fond. Je n'ai jamais été exactement quelqu'un de merveilleusement stable, même si mes humeurs en pic peuvent donner le change lors des phases euphoriques.

Quand j'étais petite, je regardais "Le Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles" en boucle. On l'avait enregistré sur une VHS, et je croyais qu'en ajoutant, à la suite du titre manuscrit par mon père, "qui ne perd pas sa maman au début du film", je croyais que cela pouvait intervenir sur l'histoire. Jusqu'à présent, je continue de confondre la réalité et la fiction. Le royaume de Fantasia, dans "L'Histoire sans fin", pourrait vivre tout entier de ma propre imagination.
Pourquoi je raconte ça ? Contrairement à ce que je dis dans les premières lignes de cet article, peut-être qu'il faut me comprendre, et peut-être que cet anecdote contribue à comprendre l'interaction entre Harry Potter et moi. Je ne sais pas. Ca n'est pas facile. Parler de soi n'est jamais facile. Se parler de soi l'est encore moins. Mais au fil des pages lues cette nuit, par le détour de ce qui arrivait aux personnages, je me suis revenue.
Je sais que ça n'est pas facile.

Je ne sais pas où ça m'avance de réaliser l'étendue des dégâts. Choisir d'être du côté de la vie, choisir de "rechercher la vie n'importe où", comme je le répétais en permanence quand j'avais 16 ans, c'est un choix qui se répète à chaque heure de chaque jour. Ca n'est pas facile. I'm a total mess. Et pourtant, je vis. C'est peut-être une des choses les plus miraculeuses, même si dans les mauvais moments, je tends à voir ce miracle comme une malédiction : "on survit à tout malheureusement".
Ca n'est pas facile à exprimer, mais je me sens moins lourde après l'avoir fait.

Harry Potter And The Deathly Hallows est tout simplement le livre de ma vie.

PS : J'avais écrit un autre article, il y a 2 ans, qui éclaire celui-ci, Virus LIV3